Cet article a été publie le mercredi 30 août dans l'Edito des matières premières et devises
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Par Jérôme Revillier, rédacteur de FxProfitTrader

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Les “moteurs de la hausse”…
Je m’inquiète. La même maladie ronge encore les “spécialistes” et autres “experts” à la radio.

La semaine passée, un gérant m’a écorché les oreilles en affirmant “les moteurs de la hausse sont encore solides“. C’est sûr, la mécanique ce n’est pas son truc.

Les fameux moteurs de la hausse se résument en deux points et un paradoxe maintes fois répétés dans ces lignes.

  • Les marchés espèrent de nouvelles mesures d’assouplissement, comme un drogué attend sa dose.
  • Pour cela, il faut que les chiffres du chômage augmentent, que les perspectives s’enlisent bref, que ça se dégrade.

Pour résumer, les marchés montent si le monde s’écroule.

Les as de la mécanique financière
Comment peut-on sérieusement venir affirmer à des milliers d’épargnants que les moteurs de la hausse des marchés sont solides ? Cette hausse, elle repose sur le vent des turbines de la récession… tout au plus.

Le problème, voyez-vous, c’est que ce genre d’analyse revient en masse à nos oreilles. Les gestionnaires qui pendant des années n’ont eu qu’à acheter pour faire des rendements, reprennent leurs mauvaises habitudes. Pire, ils entrent dans le jeu en “sacralisant” les assouplissements monétaires comme des vecteurs de croissance.

Alors, une bonne fois pour toute, comprenez-le, une hausse solide d’un actif ou d’un indice ne peut reposer que sur une seule chose : l’anticipation de création de valeur et donc de richesse basée sur la réponse à un besoin dans un environnement dynamique… Comment dire… on en est loin.

Quand les politiques s’en mêlent (ou s’emmêlent comme vous voulez)
L’évènement de la semaine aura été, pour les Français, ces images de liesse devant les stations à essence. Motards et automobilistes, main dans la main, ont pu fêter avec les honneurs la baisse de l’essence de… six centimes. Non, je blague.

Je ne fais pas de politique dans ces lignes, mais cela illustre juste l’immensité du problème politique français et européen. Comment voulez-vous sensibiliser une opinion sur les rapports de force économiques et les enjeux d’avenir, tout en faisant croire que le prix du pétrole peut baisser ? Le pétrole monte car il y en a de moins en moins… pas dur à comprendre ça, si ?

Une baisse de trois mois n’y changera rien.

Dans le même temps, en Grèce le Premier ministre Samaras est revenu bredouille de sa visite en Europe et voit la situation empirer dans son pays. Ce matin nous apprenions encore une forte baisse des prêts aux particuliers et aux entreprises de près de 4,8%… un nouveau plus bas !

En Italie, Mario Monti tire la sonnette d’alarme sur les taux, s’inquiétant des coûts d’emprunts de ses entreprises et donc de leur compétitivité.

Ah mais tiens Mario, tu soulèves un point important là, à qui profite le crime ?

Angela et son air de ne pas y toucher
Résumons.

  • Grâce à la crise de l’euro, l’Allemagne se finance gratuitement ou presque.
    Les entreprises allemandes ont donc un avantage sur ses concurrents de la zone euro pénalisés par un financement plus compliqué.
  • La baisse de l’euro due aux tensions entre les pays membres favorise les exportateurs. Ca tombe bien aussi, l’Allemagne est le leader.
  • Sur le plan politique, Angela Merkel doit contenir une grogne de ses partisans qui ne veulent plus financer les pays en difficulté. A l’approche des élections, mieux vaut se recentrer sur la politique intérieure.

En gardant une posture rigoureuse, la chancelière entretient une situation très favorable pour l’Allemagne. La baisse de l’euro, la compétitivité et en plus en restant rigide, Merkel se donne toutes les chances de gagner les prochains scrutins.

Donnez-moi juste une bonne raison de la voir changer maintenant ? Je ne vois pas, vraiment.

Ben Bernanke sous les feux de la rampe (ou sur une rampe en feu, comme vous voulez aussi)
Comme chaque année, le gratin des banquiers centraux se réunit à Jackson Hole. Non je ne ferai pas de jeu de mot sur ce nom, pourtant bien trouvé.

En 2010, Ben avait annoncé son fameux QE2, on peut penser que certains attendent beaucoup de cette déclaration. Enfin attendaient beaucoup…

Car Ben Bernanke est sur la sellette depuis que le candidat républicain l’a clairement mis dans son viseur. Si Romney passe, Bernanke saute, au moins c’est clair.

A cela est venu s’ajouter l’annulation de l’intervention de Mario Draghi qui, en raison d’un agenda surchargé ne pourra se déplacer.

De plus, le consensus semble loin de régner au sein du comité de la Fed malgré des appels de plusieurs membres cette semaine pour plus d’actions. Il faudra sans doute attendre le prochain comité en septembre pour avoir de réelles décisions.

Certains spécialistes des Etats-Unis, pensent même que toutes décisions pourraient être repoussées jusqu’à l’élection du nouveau président en novembre.

Un marché en plein paradoxe
Ainsi, la hausse des marchés repose sur la médiocrité des chiffres. Mais désormais, nous pourrions voir les marchés financiers soutenir l’élection du candidat démocrate en espérant le maintien de Ben Bernanke, adepte de la relance et de l’assouplissement.

Je ne sais pas vous, mais tout ça ne sent pas très bon…

Allez, je retourne à ma sacro-sainte analyse technique pour vous donner ma stratégie pour en profiter.

Euro/dollar : on fait quoi alors ?
Du coup, pas facile de se faire une opinion, puisque les dés sont largement pipés par les politiques monétaires.

Voici donc ma stratégie à court terme pour profiter dans un cas comme dans l’autre de l’évolution probable de l’euro.

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Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Aujourd’hui, l’euro s’est à nouveau approché de sa résistance vers 1,2580/90, véritable seuil clé pour la tendance à moyen terme.

Après un premier échec le 23 août et un repli momentané vers 1,2460, la paire est repartie à l’assaut de la résistance.

C’est sans doute une des dernières chances de la paire d’aller plus haut vers 1,2680 et 1,2750 en extension si la cassure se confirme.

Vigilance donc dans les prochaines heures, car à l’inverse en cas de nouvel échec, la déception pourrait être grande là aussi et amener la paire vers ses supports à 1,2440.

Entre paradoxe et espoirs des marchés, il y a toujours des opportunités pour nous…

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