Bonjour à tous,

Je suis navré de mon absence mais de nombreux déplacements et autres projets ont occupé la majorité de mon temps. Les niveaux SMS reprendront très vite également avec quelques ajustements compte tenu que je suis maintenant sur un fuseau horaire différent (GMT-6).

Aujourd'hui, je vais partager avec vous ma vision à moyen terme sur la paire NZDUSD. Attention, le Dollar néo-zélandais est loin d'être une des paires les plus liquides et représente moins de 2% des échanges journaliers sur le marché des changes; Il est donc intéressant de rentrer sur les débuts de tendances pour profiter du gros du mouvement.

[warning_box]Ma vision étant fortement spéculative et à contrario de ce que beaucoup d'analystes pensent, faites votre propre analyse avant de prendre position si vous décidiez de le faire.
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Malgré sa petite taille, la Nouvelle-Zélande est un choix judicieux actuellement et ce pour deux raisons:

1) La situation du pays
2) La conjoncture mondiale

Dans le premier cas, la taille du pays (très petit) fait que son économie est extrêmement sensible aux chocs externes.  Très intéressant pour la devise qui réagit donc fortement à ces chocs. De plus, la Nouvelle-Zélande possède à l'heure actuelle le deuxième taux d'intérêt le plus élevé après l'Australie parmi les pays du G20.

Pour le deuxième point, c'est la baisse de la croissance dans le monde mais surtout en Asie qui est intéressante. En effet, après l'Australie, le Japon est la Chine sont les principaux partenaires commerciaux de la Nouvelle-Zélande (les mêmes que pour l'Australie, ce qui augmente l'effet de la crise mondiale sur la Nouvelle-Zélande).

Le pays est à un moment décisif. En effet, la prochaine réunion du comité sur la politique monétaire aura lieu le 24 octobre prochain. À l’instar de l’Australie, la Nouvelle-Zélande est extrêmement affectée par la baisse de la croissance en Asie et pourrait de ce fait adopter la stratégie australienne et abaisser son taux directeur (l’Australie a abaissé le taux directeur de 25 points de base lors de la réunion du comité du 2 Octobre 2012). Aucun pas n'a encore été fait dans ce sens car la Banque centrale vient de nommer un nouveau Directeur et son prédécesseur désirait maintenir le statu-quo tant que son remplaçant n'aurait pas pris les rennes de l'institution. 

Si la baisse du taux directeur est attendue par beaucoup (tous les autres pays l'ont fait alors pourquoi pas la Nouvelle-Zélande), le politique s'y oppose fermement avec le Premier Ministre en premier. Ce dernier s'est publiquement opposé à l'idée de l'opposition qui plaide pour l’ouverture de la planche à billet afin de dévaluer le dollar néo-zélandais proche de 0.82 face au dollar américain. La Banque centrale néo-zélandaise a pour principale mission de lutter contre l’inflation et le Premier Ministre a prévenu que l’assouplissement quantitatif risquerait de provoquer une dévaluation de la monnaie certes mais au détriment du coût de la vie.

Même si le raisonnement du Premier Ministre est correct, il demeure que malgré la « relative bonne santé » économique de la Nouvelle-Zélande par rapport aux autres pays (la Nouvelle-Zélande continue d’afficher un des taux de croissances les plus élevés parmi les pays développés (2.6 % au deuxième trimestre 2012) et continue de profiter de la hausse des matières premières agricoles versus les minières dont l’Australie dépend beaucoup plus), le dollar national est surévalué à plusieurs points de vue : en premier lieu, payant le prix de son isolement, les exportations ne couvrent plus le coût des importations nationales. Les exportateurs plaident donc pour une monnaie plus faible afin de rendre leurs produits plus attractifs.

Si baisser le taux directeur n’est pas une option viable, il reste l’intervention directe de la Banque centrale sur le marché des changes comme la Suisse et le Japon l’ont fait avec plus ou moins de succès et à coût très élevé (notamment dans le cas de la Suisse qui a investi un montant équivalent à plus de 70% de son Produit National Brut). Là encore, un problème de "taille" se pose car la capacité d’intervention de la Nouvelle-Zélande reste limitée et le résultat d’une intervention pourrait alors ressembler aux tentatives japonaises jusqu’à présent : brèves et inefficaces. De plus, la Banque centrale a toujours été fortement opposée à cette idée jusqu’à présent et toute intervention reste fortement encadrée par des règles strictes: La Banque centrale n’a le droit d’intervenir que si l’intervention a une forte probabilité de réussir. Étant donné que la Banque refuse, pour l’instant, l’idée d’investir des sommes colossales (il faudrait plus de 140 Milliards pour être au niveau de l’intervention suisse) pour dévaluer sa monnaie, il y a fort à parier que la probabilité sera toujours en dessous du seuil requis.

La dernière option est fiscale et serait pour le gouvernement de réduire les dépenses publiques et d’augmenter les impôts. Ici encore, la décision ne sera pas facile à prendre compte tenu des récentes catastrophes naturelles ayant affecté le pays et qui vont fortement impacter les dépenses publiques pour reconstruire les villes sinistrées.

Compte tenu de la complexité du problème et les oppositions actuelles aux solutions possibles, je prévois une continuation de la hausse supportée par les mesures d’assouplissement entreprises par les États-Unis, la relative bonne santé économique de la Nouvelle-Zélande, les mains liées de la Banque centrale.

Afin de diluer le risque, une entrée à plusieurs niveaux peut s’avérer judicieuse si la Banque centrale ou le gouvernement néo-zélandais optait pour une approche plus drastique.

1: Entrée Long @ 0.8145 - Stop @ 0.8100
2: Entrée Long @ 0.8200 - Stop @ 0.8145
3: Entrée Long @ 0.8250 - Stop @ 0.8200

Deux objectifs pour l'instant, 0.8312 et 0.8420 avec une possible résistance et repli au niveau de 0.8250 lors du premier mouvement haussier.

Il ne reste qu'à attendre patiemment et voir comment si ce scénario se réalise. L'horizon est moyen terme pour ce trade. Je posterais des commentaires avec les mises à jour sur cette position.

Bonne soirée.

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