Le rebond de l’EURUSD que j’anticipais en fin de semaine dernière s’est bien mis en place depuis les récents plus-bas vers 1,2150. Toutefois, ce début de semaine est resté très hésitant dans l’attente de la seconde intervention, ce mercredi, de Ben Bernanke.

Le ralentissement se confirme pour l’économie mondiale

Depuis la semaine dernière, le flux de nouvelles ne fait que confirmer ce que nous pressentions depuis longtemps : l’économie mondiale ne parvient pas à redémarrer. Après la Chine et un PIB au plus bas à 7,6%, le Brésil pourrait connaître une croissance de 2% (contre plus de 4% de prévus encore l’année dernière par la banque centrale), soit la plus faible depuis 2003 !

Aux Etats-Unis, ce sont les ventes de détails qui ont confirmé la situation inquiétante outre-Atlantique. Avec une nouvelle baisse, la consommation est à la peine et menace l’équilibre du système tout entier, traduisant l’inquiétude populaire.


Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Bernanke, aussi flou que les perspectives économiques !

Ben Bernanke, lors de son intervention mardi après-midi devant le congrès, est resté très vague, déclenchant une réaction épidermique, aussi bien sur les indices que sur l’EURUSD.


Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Selon Ben Bernanke, “nous [la Fed] examinons très attentivement l’économie, en essayant de juger si oui ou non la perte de l’élan que nous avons vu récemment est durable, et si oui ou non l’économie est susceptible de continuer à faire des progrès”. Comprenez : on navigue à vue…

L’inquiétude reste dans la confiance des ménages que le gouverneur de la Fed estime préoccupés par l’avenir et leur emploi. Selon Ben Bernanke, la baisse du chômage sous les 8,2% aux Etats-Unis “reste désespérément lente”. Comprenez : le chômage va stagner et on ne voit pas trop comment faire pour arranger ça tout de suite.

Il a fini par s’en prendre directement au congrès, qui n’a pas encore été en mesure de voter un pacte fiscal d’envergure permettant de donner de la visibilité à l’économie américaine.

QE3 or not QE3 ?

Mais les insatiables marchés se moquent de ces quelques considérations techniques… Ils veulent de la liquidité ! Point final. Donc la seule question qui focalise les attentions se résume à “QE3 ou pas de QE3 ?”

A dire vrai, vu la situation, la vraie question est “Quand Ben va-t-il ouvrir les vannes une nouvelle fois ?” Et cela ne devrait plus tarder, quoi qu’il en dise, tant la conjoncture semble inextricable et que la course à la présidence des Etats-Unis bat son plein.

Mais pour l’heure, la Fed se garde bien de donner un quelconque signe dans un sens ou dans l’autre provoquant cette hésitation chez les investisseurs et les analystes qui divergent sur la question. Une des grandes théories est que, de toute façon, le marché sera gagnant – comme Philippe Béchade vous l’avait expliqué la semaine passée : pile l’économie repart, le marché est content ; face, c’est la cata, la Fed relance un QE3, le marché est content.

Mais il n’en va pas tout à fait de la même manière sur l’EURUSD.

EURUSD : le rebond déjà fragilisé !


Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

La paire teste depuis le début de semaine une zone graphique très dense vers 1,23/1,2330 qui ne cède pas, pour le moment. Il faudra un mouvement fort initié par une conviction toute aussi forte pour casser cette résistance. Ainsi, tant que nous restons sous 1,2330, je privilégie la vente de la paire pour viser un retour sur 1,2160 puis 1,2080 si on casse les plus-bas récents.

A l’inverse, le franchissement de la zone 1,2330 sera un signal fort pour l’achat et viser un premier objectif à 1,2445.

Article publié le 19/07/2012 dans le billet du trader.

'