Publié le 22 avril dans l' Edito des matières premières et devises .

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Le G20 pousse à la consommation 
La seule nouvelle qui semblait retenir l’attention des médias ce matin est l’accord sur le secret bancaire. Si l’avancée de la transparence ne peut être que saluée, je m’étonne encore que cela soit la priorité des grands de ce monde. En réalité, la véritable avancée est que le G20 a définitivement fait basculer les économies développées dans le laxisme monétaire.

En bénissant l’attitude du Japon et en demandant aux pays"à forts excédents commerciaux " de faire des efforts pour relancer l’économie, le G20 pousse à la surconsommation de liquidités.

La priorité est donc la croissance par la relance, la guerre des devises peut donc s’amplifier, le FMI y veille !

L’Allemagne et la Chine sous pression
Les  pays"à forts excédent commerciaux ", la Chine et l’Allemagne, sont priés de relancer leur demande intérieure en adaptant un peu leur politique budgétaire.
Autant dire que cela ne va pas vraiment dans le sens de Wolfgang Schäuble qui annonçait ce week-end dans le magazine WirtschaftsWoche :"Il y a beaucoup d’argent sur le marché, selon moi trop d’argent(…) si la BCE essaie d’utiliser sa liberté d’action pour réduire un peu cette grande quantité de liquidités, je ne pourrais que le saluer".

Cela nous promet de beaux échanges cordiaux entre membres de la zone euro, dont la plupart, au contraire, plaident pour plus de relance.

L’Allemagne en difficulté ?
Depuis la semaine dernière,  quelques craintes apparaissent de-ci et de-là sur la croissance allemande qui devrait être comprise entre 0.4% (gouvernement) et 0.8% (instituts). De plus, la baisse de la croissance en Chine pourrait peser sur les exportations allemandes, alimentant ces doutes.

Mercredi, la dégradation de la note de l’Allemagne par Egan Jones a provoqué un véritable mini-crash sur les indices en début de matinée. S&P et autres Moody’s  ont confirmé la perspective négative sur la note de crédit allemande mais maintenu le triple A pour couper court au bruit de marché.

La véritable question est surtout de savoir si cette pression va pousser l’Allemagne à revoir sa rigidité budgétaire et laisser ainsi un peu d’air aux autres pays européens qui croulent sous la rigueur.

La réponse est simple : non
Angela Merkel se dirige vers un agenda chargé jusqu’aux prochaines élections allemandes en septembre et elle ne va sans doute pas abîmer son image de"rempart face aux dépensiers européens " cherchant à profiter de la vertu budgétaire allemande.

D’ailleurs, même les pays périphériques n’ont pas d’intérêt à ce que l’Allemagne mette en danger sa note qui continue, par sa rigidité, de rassurer les agences et donc de maintenir ainsi les taux de ses voisins proches de niveaux bas historiques au regard de la situation réelle !

Et l’euro dans tout ça ?
Du coup l’euro hésite, reflétant les difficultés de cette Europe si hétérogène. Le risque est toutefois baissier pour la devise qui souffre des tensions politiques et sociales des pays en difficulté comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie.

De plus, la BCE rencontrant toujours de nombreuses difficultés de transmission de ses mesures à l’économie réelle, va devoir hausser le ton pour faire baisser l’euro coûte que coûte. Techniquement, la situation semble elle aussi abonder en ce sens !

Après un échec sur 1.3125 ce vendredi, l’euro semble avoir épuisé à court-terme son potentiel de rebond. Un franchissement à la baisse de la zone entre 1.3030/1.30 serait un signal baissier fort.

Une vente pour viser un retour sur 1.2875 semble la meilleure opportunité.

Bonne semaine !

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