Bonjour,

Je partage avec vous aujourd'hui, mon dernier article pour l'Edito des matières premières, écrit jeudi dernier.
Il concernait le Yen et plus précisément la paire EURJPY.
Je vous propose ensuite une mise à jour de mon analyse pour profiter de la volatilité qui devrait vite revenir sur la paire.

Article publié dans l'Edito des matières premières le 8 février 2013

En sauvant l’euro, Draghi a-t-il condamné l’Europe ?

Comme me disais un collègue il y a quelque temps, si chaque analyste buvait un verre de vodka à chaque fois qu’il écrit “Guerre des devises”, nous serions sérieusement éméchés.

Il faut dire qu’il y a de quoi écrire sur le sujet. Entre les pays qui assument leur politique belliqueuse et les autres qui font mine de ne pas y toucher tout en maintenant volontairement la pression sur leur monnaie, la guerre des devises a bel et bien démarré ! (hic).

Aujourd’hui, je me penche sur le yen et l’euro que tout semble opposer.

Le Japon, champion toute catégorie du QE
Depuis la nomination de Shinzo Abe à la tête du gouvernent japonais, le yen a tout simplement baissé de près de 17% face aux autres devises majeures. Face à l’euro, ce recul atteint 33% avec un euro qui est passé de 95 à 127 yens !

Regardez cet indice de force relative.

Indice de force relative – forexticket.net

Indice de force relative – forexticket.net

Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

Il illustre parfaitement la différence entre une Banque du Japon pro-active qui a réussi à faire plier, pour le moment, les spéculateurs qui se réfugiaient sur le yen et une BCE, qui reste inflexible sur la direction de sa politique monétaire et sur son mandat de stabilité des prix.

Le Japon fait un pari risqué, qui risque à terme de mettre le pays en pure faillite… ou pas.

Le financement de la dette en question
Aujourd’hui financée majoritairement par l’épargne des Japonais, la dette pourrait devenir intenable si le pays devait recourir plus fréquemment aux marchés et donc aux investisseurs étrangers.

Alors qu’en 2012, la part de la dette japonaise détenue par les étrangers est passée de 5% à 9,1% (soit quand même +82% !), l’indépendance qui faisait la particularité du Japon va être remise en question. Les taux d’emprunts pourraient ainsi rapidement grimper et venir asphyxier l’économie japonaise dans une situation déjà difficile.

Mais le Japon, contrairement aux idées reçues, bénéficie d’une marge de manoeuvre que beaucoup n’ont plus en Europe ! Car avec 90% de la dette détenue par les Japonais, une banque centrale active et une industrie exportatrice compétitive et innovatrice, le Japon semble être à l’opposé de la zone euro en difficulté et même bien plus séduisant !

L’Allemagne face au défi de la compétitivité !
La BCE ne semble pas en mesure d’agir concrètement pour enrayer la hausse de l’euro alors que la désindustrialisation s’amplifie dans tous le Vieux Continent.

Même l’Allemagne, qui jusque-là ne s’inquiétait guère de la hausse de la monnaie unique, est obligée de se pencher sur la compétitivité tant ses exportations en zone euro continuent de chuter. Les chiffres de novembre 2012 publiés début janvier montrent une baisse de 4% des exportations en zone euro. Jusqu’ici la zone représente près de 40% du commerce de l’Allemagne, qui se voit obliger de doper ses exportations vers l’Asie et le Moyen-Orient.

Graphique des exportations

Au risque de caricaturer, il ne faut pas être un fin économiste pour anticiper que le plus gros potentiel d’achats de BMW et autres Porsche se situe plutôt hors de la zone euro…

Ce handicap pourrait devenir finalement un atout pour la zone euro, obligeant Angela Merkel a lâcher du lest et peut-être débloquer la position rigide de la BCE. Mais la route est encore longue et en voulant sauver l’euro à tout prix, Mario Draghi à l’origine de la remontée de la devise depuis cet été, a peut-être condamné définitivement les exportateurs européens !

EURJPY : Une tendance (trop) forte ?
Comme je l’écris plus haut, l’euro a progressé de plus de 33% depuis l’été dernier face au yen. Si ce mouvement de hausse n’est sans doute pas terminé au regard de la détermination du gouvernement japonais, plusieurs signes d’une consolidation potentielle se dessinent.

Tout d’abord la vitesse de progression frôle l’hystérie avec une hausse en ligne droite comme vous pouvez le constater sur ce graphique.

Graphique quotidien EURJPY

Graphique quotidien EURJPY

Mais aussi un environnement qui évolue. Le Japon va devoir calmer un peu le jeu de la rhétorique pour ne pas froisser ses partenaires commerciaux qui se sont émus des déclarations du Premier ministre. De plus, il ne faut pas oublier le différend avec la Chine sur un groupe d’îles qui semble vouloir durer et même s’envenimer.

Du côté de l’Europe, il me semble inévitable désormais pour les dirigeants européens d’aller plus loin dans la gestion de la devise pour améliorer la compétitivité. A défaut d’actions concrètes, nous devrions assister à des déclarations dans ce sens et qui pourraient alimenter une baisse de la devise, même momentanée.

Graphique quotidien EURJPY

Graphique quotidien EURJPY

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Ainsi tant que la paire reste sur la zone de résistance à 128,70 qui nous servira de Stop Loss, je vous recommande d’initier des positions vendeuses depuis la zone des 127,50/127,20 pour viser un repli de plus de 400 pips vers 123 yens.

Dans cette période agitée, privilégiez toujours les stratégies de swing trading qui vous permettent d’éviter la nervosité du marché et de faire des gains solides sur les grandes tendances. C’est en tous cas ce qu’ont pu réaliser les abonnés à FxProfitTrader depuis le début d’année. N’hésitez pas à nous rejoindre !

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Mise à jour de l'analyse (le 12 Février à 8h00)

Le repli attendu s'est bien mis en place (le jour même de l'article !) et a trouvé un support proche des 123 yens à 123.40.

Alors que l'agenda va être chargé pour le Japon avec le PIB et la réunion du comité monétaire ce jeudi matin, la volatilité devrait revenir et pousser le yen encore plus bas avant les annonces de la BoJ.

Je recommande donc de passer de nouveau à l'achat sur la paire sur franchissement des 126.80 yens pour viser 127.50 (zone de passage à BE) puis la résistance majeure à 128.50. A moyen-terme, nous pourrons viser 130 yens.

Le stop sera situé vers 125.50 yens.

graphique EURJPY

graphique EURJPY

Ce qui est sûr , c'est que le Japon et sa devise n'ont pas fini de faire parler d'eux.

Et n'oubliez pas, les trois derniers séminaire "Relevez le défi" auront lieu le 27 février à Bruxelles, le 28 février à Paris  et le 1er mars à Strasbourg.
Je me consacrerai ensuite à l'accompagnement des traders qui nous ont rejoint dans le programme de formation gratuit.

 

Très bonne journée !

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