La BCE choisira-t-elle de faire baisser l’euro ?
Opportunité sur la devise européenne.

Je vous propose aujourd’hui de nous pencher sur la paire phare du marché des changes qui continue de déjouer les pronostics d’une baisse annoncée. L’euro fort, est plus que jamais d’actualité alors que la monnaie européenne reste très soutenue proche des 1.40$.

Déflation or not ?
Pourtant, cette semaine devrait se jouer une partition des plus importantes avec la réunion de la BCE. Mardi dernier, c’est le rigoureux président de la Bundesbank qui avait mis le feu aux poudres avec une déclaration inhabituellement accommodante. En effet, Jens Weidmann a déclaré qu’il « n’était pas exclu » que la BCE puisse acheter des actifs bancaires pour combattre la déflation.

La réaction ne s’est pas faite attendre sur les marchés avec un euro qui est rapidement revenu sur un support majeur à 1.3750, puis connaitra ensuite une chute jusqu’à 1.37$.

Scénarios hypothétiques.
Toutefois, Mr Weidmann a tenu à tempérer ses propos, sans doute un peu « sur-interpréter » par les marchés. De son point de vue, la zone euro n’est pas dans un cycle déflationniste, arguant que la majeure partie de la baisse des prix est due à l’énergie et non à une véritable déflation au sens technique du terme. Qualifiant le recours à l’assouplissement quantitatif de, je cite , " scénario hypothétique", il a permis à la monnaie unique de remonter sur la zone clé du moment à 1.38$.

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Source : eurostat

Ce lundi, l’indice des prix en zone euro est pourtant de nouveau en baisse à 0.5% et, n’en déplaise à la Bundesbank, l’indice hors-énergie est également sur des niveaux extrêmement bas à 0.8%. Les produits alimentaires, les services ou encore les biens non-industriels ont connu une progression moins rapide que le mois dernier. Tout cela fait bien penser à un début de cycle déflationniste.

L’EURUSD peut-il aller encore plus haut ?

Oui sans aucun doute. Et ironie du sort, un euro fort alimente de lui même la déflation en baissant le prix des importations.
SI la BCE décidait de ne rien faire, la monnaie européenne aurait un véritable boulevard devant elle pour franchir la résistance à 1.40$ et aller vers de nouveaux plus hauts annuels.
Toutefois, il parait peu probable que Mario Draghi ne passe pas à l’acte alors que sa rhétorique ne suffit plus à calmer les marchés. La réunion de ce jeudi est l’occasion pour Mario Draghi de rassurer sur sa capacité d’intervention … ou pas.
Techniquement, la situation est finalement assez simple.
La tendance en cours reste haussière avec un manque évident de catalyseur pour aller plus haut et donc une fragilité de plus en plus importante. A l’inverse, vendre EURUSD sans véritable signal de confirmation est, pour le moins délicat.

Traders, restez prudents.
Je tiens à le répéter : la prudence est de mise.
Cela ne serait pas la première fois que l’euro prendrait par surprise bon nombre de traders. Aussi, soyez patients et attendez la validation des signaux .

Notre indicateur COT index qui utilise les données du marché des options de Chicago, nous indique que le positionnement des traders reste proche des extrêmes acheteurs pour les spéculateurs. Cela est un signe que la tendance pourrait se retourner sous l’effet d’un débouclage des positions de couverture des traders dits « commerciaux ».

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Toutefois, cet indicateur «lent» , s’il confirme que l’euro arrive dans une zone de vente, ne peut écarter que la devise européenne aille toucher de nouveaux plus hauts avant de déclencher une baisse solide.
Du coté de nos indicateurs techniques de force relative, là aussi, les divergences indiquent une fin potentielle de tendance ou au moins un début de correction.

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Ma zone de vente se situe donc désormais sous 1.3730 avec un seuil d’invalidation à 1.3975.
Je ne repasserai acheteur de la paire à moyen-terme qu’en cas de cassure des 1.40$.

Bons Trades.

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