Article publié le 15 mars 2013 dans l'Edito des Matières Premières

Alors que le gouverneur de la Banque centrale canadienne, Mark Carney, va laisser sa place pour aller diriger la Banque d’Angleterre en juillet, il a encore du pain sur la planche. La pression sur le dollar canadien, est forte.

Banque du Canada : Changement de ton !
La Banque du Canada était la seule banque du G7 à entretenir le suspens sur une possible remontée des taux, à contre-courant des pays comme les Etats-Unis qui font tout pour assouplir leur politique monétaire.

Hors, le 6 mars dernier le gouverneur Carney a franchement adouci sa position en déclarant : “que l’inflation resterait basse pour un moment” et repoussant l’échéance d’une nouvelle remontée de taux. Mais pourquoi ce changement de langage ?

L’économie canadienne en difficulté ? Pas vraiment, non
Le Canada fait partie de ces pays qui ont réussi à passer au travers de la crise grâce à un modèle moderne et une capacité à s’adapter et à innover forte. La croissance a donc très bien résisté avec une progression en 2012 de 0,6%. Toutefois, on note une rapide dégradation au dernier trimestre 2012 avec un PIB dans le rouge de 0,2%. Cette déception relative sur la croissance peut-elle justifier à elle seule le changement de discours de la banque centrale ? Certainement pas.

1 million de postes créés !
D’ailleurs il n’y a qu’à regarder les derniers chiffres du chômage, à 7%, soit le plus bas depuis janvier 2009, et plus de 50 000 créations de postes en février.

Courbe du chômage canadien. Source : gouvernement - http://www.statcan.gc.ca

Courbe du chômage canadien. Source : gouvernement – http://www.statcan.gc.ca

Ces postes, sont en plus, en grande partie des temps-plein. Le ministère du Travail a lui-même annoncé que le Canada avait créé 1 million de postes depuis la fin de la récession en juillet 2009.

L’explication ? La guerre des devises… encore !
Il ne vous aura pas échappé que la plupart des économies en difficulté cherchent à trouver de la croissance en dopant leurs exportations et donc en baissant leur devise. Hors, le Canada, avec son discours monétaire plus agressif, a vu sa monnaie s’apprécier rapidement surtout face au billet vert.

Avec un partenaire commercial aussi important que les Etats-Unis, le taux de change USDCAD devient alors problématique, et pourrait expliquer ce changement d’orientation.

En regardant les derniers chiffres de la balance commerciale, on se rend compte que les exportations ont chuté de 0,9% en décembre menées principalement par l’énergie (pétrole).

Graphique des derniers chiffres de la balance commerciale

Depuis fin 2011, les exportations baissent régulièrement, ce qui coïncide exactement avec le début de la hausse de la devise comme vous le voyez sur le graphique ci-dessous.

Indice de force relative – forexticket.net

Indice de force relative – forexticket.net

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La lutte ne fait que commencer
On peut donc imaginer que la Banque du Canada a préféré calmer le jeu pour ne pas alimenter la hausse de la devise alors que les tensions reviennent en zone euro et que le dollar canadien pourrait devenir un refuge rémunérateur avec un taux directeur à 1%, supérieur à la plupart des devises majeures.

Depuis ces déclarations, le huard, nommé ainsi en raison de l’oiseau gravé dans les pièces de 1 $CAD, a reculé un peu et est retourné proche des 1,0400 pour un dollar américain. Mais la pression devrait vite revenir comme l’indique ce graphique et donc offrir une opportunité.

USDCAD : Signal de vente ?

Indice de force relative – forexticket.net

USDCAD – weekly charts – www.eole-trading.com

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Comme l’indiquent l’indicateur COT, les spéculateurs ont débouclé leurs achats d’options et futures de $CAD provoquant la hausse récente. Mais la baisse des volumes illustrent bien que les investisseurs sont tous simplement devenus plus attentistes, et patientent dans l’optique d’un nouveau signal pour acheter du dollar canadien.

Pour profiter de cette configuration, il va falloir scruter les prochains chiffres macro-économiques qui, s’ils confirment la bonne santé de l’économie canadienne, devraient doper le cours de la devise et faire ainsi chuter USDCAD.

Techniquement, je vous recommande de passer à la vente sur la zone actuelle entre 1,0240 et 1,0180 avec une zone de stop à 1,0300. L’objectif premier sera un retour à la parité. Les ventes de détail publiées la semaine prochaine pourraient être le catalyseur que nous attendons !

Bon week-end.

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