Article de Jérôme Revillier et publié sur Atlantico le 20 juillet 2012.

Aux Etats-Unis, de plus en plus d'analystes évoquent la possibilité d'une véritable apocalypse sur les marchés.

Quand subprime rime avec déprime !

L’évolution des marchés fait sérieusement penser à un comportement dépressif.

Ils passent d’un extrême à l’autre, tantôt prêts à sombrer dans le chaos de la récession mondiale, tantôt à se féliciter de la reprise à venir. Inquiétants alors que les places financières sont le reflet des anticipations sur l’avenir de l’économie réelle. Une boule de cristal bien floue à déchiffrer en ce moment.

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Alors que le CAC 40 a chuté de près de 50% en 5 ans et que l’économie est désormais au cœur de la vie qu

otidienne des Français depuis la crise des subprimes, qu’en est-il vraiment ?

Sommes-nous au bord du gouffre ou est-ce que les marchés jouent à se faire peur ?

La psychologie de marché bousculée …

Une chose est sûre, la crise a bousculé les certitudes.

Après Lehman Brothers et la fin du « too big to fail », les intervenants ont compris que l’épidémie engendrée par la titrisation globale des emprunts toxiques US (les fameux subprimes) était sans doute d’une ampleur jamais atteinte.

Depuis ce jour et la chute vertigineuse de nombreux actifs, dont certains ont tout simplement disparus, la difficulté principale d’un investisseur est de faire le « pricing », en d’autres termes, définir la valorisation d’une action ou d’une entreprise.

Dans sa dernière lettre, « Bridgewatter », l’un des plus gros hedge fund du monde donne une vision assez nette de la situation : « …(au niveaux actuels) les marchés anticipent le pire taux de croissance des revenus réels des entreprises depuis … 100 ans ! »

Désormais, définir la valeur des produits, des projets ou d’innovations, dans un monde où les repères sont bousculés et la peur du lendemain omniprésente, devient une mission impossible, paralysant les bases du système : le financement et l’évaluation des risques.

Et avec elle, les bases du système.

Les marchés financiers sous quelques formes que ce soient, sont indispensables au fonctionnement de notre vie quotidienne. Rien de politique là-dedans, c’est un fait. Ils financent le fonctionnement de notre monde et les risques qui l’entourent.

Mais alors, qu’après des plans de relance et de rigueur massifs de part et d’autre de la planète, on pouvait entrevoir la sortie du tunnel, des signes inquiétants apparaissent.

Pour moi, le plus inquiétant n’est pas forcément les mauvaises statistiques prévisibles un peu partout

sur la planète (Chine, US , Europe et émergents …) Non, le plus inquiétant est une série d’anomalies de marché illustrée par des taux d’emprunt négatif. Rien que de l’écrire, c’est déjà une anomalie !
Payer pour prêter son argent ?

Quelle personne équilibrée et sereine en son avenir pourrait faire ce genre de chose. Aucune.
Pourtant, cette semaine encore, le France, les Pays Bas ou encore l’Allemagne se sont financés à court-terme avec des taux négatifs.

Doit-on se réjouir de voir la France être payée pour s’endetter ?

A première vue, pourquoi pas ...

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