La BCE tiendra sa réunion de comité monétaire ce jeudi et Mario Draghi aura la lourde tâche de donner le ton de la politique monétaire pour les prochains mois.
Si jusqu’à maintenant Draghi avait renvoyé les dirigeants politiques de la zone euro devant leurs responsabilités, les appelant à des mesures décisives, l’accord européen l’oblige désormais à monter au créneau.
Une majorité des analystes anticipe une baisse de taux de 0,25% dès jeudi avec une possible baisse à 0,50% avant la fin de l’année ; un signe fort de rupture avec l’ère Trichet qui n’avait jamais franchi la barre des 1%.

Cela fera-t-il baisser notre euro ?

Rien n’est moins sûr. Voici pourquoi.

L’euro intègre déjà toutes les mauvaises nouvelles
La théorie la baisse des taux devrait affaiblir la monnaie unique. Mais la réalité pourrait être tout autre.

La faiblesse de l’euro est principalement due à un manque de gouvernance de la Zone et une banque centrale passive.


Graphique cours de l'euro

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Comme vous pouvez le constater sur ce graphique ci-dessus, qui mesure la force de l’euro face à toutes les autres devises, la baisse n’a pas cessé depuis avril.

Le cours de l’euro a donc déjà largement pris en compte les mauvaises nouvelles et tout signe d’un geste de la BCE pourrait ramener un peu de confiance, de l’appétit pour le risque et donc, paradoxalement, faire rebondir encore la devise européenne.

Deux raisons militent en faveur d’un rebond de l’euro
▪ La première, vous l’aurez compris, est sans doute la déception qui pourrait survenir suite à la décision ou aux commentaires de la BCE. En effet, avec un consensus aussi net sur la baisse des taux, la moindre surprise pourrait provoquer une hausse rapide de la devise. Si la BCE devait maintenir ses taux, l’euro connaîtrait sans doute une forte hausse, suivie d’une chute à la hauteur de la déception.

▪ L’autre raison qui me pousse à privilégier un rebond de l’euro est sa corrélation avec l’appétit pour le risque.


L’euro est parfaitement corrélé aux indices (ci-dessus avec le S&P 500 en orange). Or une baisse des taux de la BCE aurait pour principal effet de doper une nouvelle fois les marchés actions et alimenter le retour de l’appétit pour le risque.

Il y a fort à parier que cette corrélation sera plus forte que la théorie des taux bas, et amènera l’euro à s’apprécier.

Ce scénario est d’autant plus probable que le dernier rapport hebdomadaire du COT nous annonce une nouvelle hausse des énormes positions vendeuses spéculatives sur l’eurodollar. Ces positionnements pourraient être amenés à se déboucler rapidement (rachats de shorts/short squeeze) en cas de rebond marqué de l’euro ; ce qui pousserait d’autant plus l’euro à la hausse.

EURUSD : retour vers les 1,30 ?
Le potentiel de rebond à moyen terme est techniquement important. En effet, le biais baissier a été tellement marqué que même un retracement à 1,30 $ ne remettrait pas en cause cette tendance à long terme.

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Si ce scénario se mettait en place, cela pèserait sur la zone euro qui verrait sa devise “forte” pénaliser ses industries exportatrices malgré une politique monétaire de taux bas.

A suivre !

Article publié le 4 juillet sur http://edito-matieres-premieres.fr/

 

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