L’Europe, coincée entre ceux qui “inventent” la croissance à partir de dette, et ceux qui la condamnent par la rigueur, se retrouve complètement paralysée, incapable de prendre en main son destin.
Pendant ce temps : l’eurodollar poursuit sa chute vertigineuse en quasi-ligne droite depuis fin avril.
Euro-obligations, couple franco-allemand à la dérive… petit tour des enjeux et surtout des opportunités. Avec en prime mon plan d’attaque pour les prochains jours.

Les euro-obligations, la fausse bonne idée.
François Hollande n’a de cesse de défendre les obligations européennes.
Le principe est simple, en émettant des bonds communs à tous les pays de la zone, les taux d’intérêts deviennent les même pour la Grèce que pour l’Allemagne, facilitant le refinancement des pays en difficulté.

Ce serait oublier que c’est exactement ce mécanisme qui a amené la Grèce dans la situation où elle se trouve aujourd’hui. A défaut d’euro-bonds ou autres gadgets, l’entrée d’un pays dans la Zone euro lui permettait encore, il y a quelques années, de voir ses coûts d’emprunts baisser instantanément sur les marchés, profitant de la bonne santé “théorique” de ses partenaires.

Mais en 2009, les choses se sont gâtées avec l’arrivée de la crise des subprime mais surtout de liquidités.
Ces dernières semaines, et malgré le répit apporté par les LTRO et autres subventions, le problème reste entier. La Grèce ne pourra pas faire face à ses échéances.
Faire croire que les euro-bonds peuvent être une solution est une imposture. C’est ce même phénomène qui a poussé la Grèce à se ruiner.

France-Italie, un couple adultère !
Il semblerait bien que le couple franco-allemand rencontre une passe difficile.

Et notre président “normal” est très attiré par Mario Monti qui s’est publiquement félicité de la position du président français.

  •     Les deux hommes se comprennent.

L’un est à la tête d’un pays qui ne l’a pas choisi, et le second est devenu président sans un élan populaire derrière lui.

  •     Et les deux hommes ont le même problème.

Comment éviter à deux grands pays fondateurs de l’Europe de tomber de leur piédestal sans perdre la face ?
Mais les marges de manoeuvre sont différentes !

Si Monti a pu imposer des réformes légitimes en raison d’une prise de conscience collective et violente de la population italienne au bord du gouffre, il n’en est pas de même pour François Hollande.

La France entre dans l’Europe du Sud
Ce dernier a justement été élu en donnant l’illusion que tout pouvait continuer comme avant ou presque…
Et là, son habileté politique va être mise à rude épreuve car les marchés financiers ne vont pas faire dans la dentelle. L’idylle franco-italienne ressemble fortement à une alliance de mauvais payeurs…
Le rapprochement des deux dirigeants signale un changement de positionnement net de la France : elle est officiellement du côté des pays en difficulté !
On aurait sans doute pu rêver d’un message un peu plus rassurant pour une première sortie de M. Hollande.

L’Allemagne, en difficulté politique…
En Allemagne, si le torchon brûle avec le nouveau président français, c’est également le cas avec l’Italie et même avec le président de la BCE qui est en guerre ouverte avec Jens Weidmann, de la Bundesbank.
Entre la nomination contestée de Wolfgang Schäuble à la tête de l’Eurogroupe, les tensions entre le président de la Bundesbank et Mario Draghi au comité de la BCE et la grogne au sein de son propre pays, Angela Merkel doit donc plus que jamais être sur tous les fronts pour conserver son autorité, jusqu’ici incontestée en Zone euro.

Et inquiète sur le plan économique !
Sur le plan économique les dernières statistiques outre-Rhin ne sont pas reluisantes, apportant de l’eau au moulin de ceux qui défendent la croissance.

Taux 10 ans allemands et grecs

Ce jeudi, l’indice IFO est en dessous des attentes à 106,9 points, niveau le plus bas depuis novembre 2011. Un peu plus tôt, l’indice manufacturier PMI (graphique ci-dessus) affichait lui aussi un recul à 45,9 points, cinquième baisse consécutive et plus bas depuis… juillet 2009 !

Résumons !
D’un côté, le clan de la Croissance
France, Italie et consors prononcent si souvent le mot, que l’on pourrait imaginer que personne n’y avait pensé avant eux.
Leur problème ? La croissance ne se décrète pas, elle se construit.
Elle se construit par l’attrait des investisseurs, des réformes sur la compétitivité ou encore la réduction des déficits. Eux préfèrent parler investissement publics, euro-bonds. Bref, l’endettement.

En face, le clan de l’Austérité
Si l’orthodoxie budgétaire est salutaire, elle n’en demeure pas moins un danger pour ladite croissance quand elle est de retour timidement.
Le Royaume-Uni, chantre de la rigueur, voit sa croissance menacée.
En clair, l’Europe, coincée entre ceux qui “inventent” la croissance à partir de dette, et ceux qui la condamne par la rigueur, se retrouve complètement paralysée, incapable de prendre en main son destin.

L’Europe tourne en rond… l’Horloge aussi…
A défaut de solution, le principal talent de la Zone euro aidée par la BCE depuis ce début de crise est d’avoir gagné du temps. Toutefois, gagner du temps ne sert à rien, quand on le gaspille.
Et après l’épisode électoral français, nous voilà reparti dans le défilé des sommets européens et mondiaux.
Voilà donc les marchés qui se prennent au jeu amusant du sommet de la énième dernière chance.
Voici en exclusivité, pour vous cher lecteur, ce qui va se passer après ce sommet…

LTRO et guerre des monnaies
La BCE va de nouveau organiser une opération LTRO afin de réinjecter des liquidités dans un marché toujours grippé. Le bank run menace la Grèce et l’Espagne chaque jour un peu plus et des dizaines d’établissements financiers sont aux abois.

Dans le même temps, on peut s’attendre à une action coordonnée des plus grande banques centrales. La banque du Japon, de Suisse, d’Angleterre et même la Fed ont un intérêt commun :
garder un euro assez fort pour conserver l’avantage dans la course aux exportations.

Il y a donc fort à parier que, chaque jour, nous approche d’une action massive visant à faire baisser le yen, le franc suisse et par effet d’aubaine le dollar et la livre face à l’euro.

Jusqu’à quand ?
Nul ne le sait.

Sans doute quand la Grèce fera défaut pour de bon.

A moins qu’une dégradation surprise ne vienne prendre tout le monde de court… la France par exemple ? En attendant les spéculateurs se tiennent prêts.

L’euro attaqué
La devise européenne est passée en moins d’un mois de 1,3250 à 1,2515, soit une baisse de 5,5%.

Elle atteint désormais les niveaux de l’été 2010, alors que les places financières voyaient rouges.

Une autre information intéressante est celle donnée par le commitments of traders, publié par la CFTC qui régule le marché des futureset qui révèle le positionnement des plus gros investisseurs.

Informations par la CFTC

Regardez l’illustration graphique de ce rapport depuis 2011.

Illustration graphique du rapport de 2011

Les spéculateurs sont agressivement positionnés à la baisse sur l’euro.
Ces niveaux vont sans doute encore progressé lors de la publication ce soir du rapport de la semaine.
Toutefois, ce rapport est souvent utile pour identifier les zones potentielles de retracement.
Hors, dans ce cas, comme le suggère ce graphique, nous pouvons nous préparer à un rebond à court terme.

EURUSD : rebond vers 1,29$ avant le plongeon final ?
Techniquement, la paire EURUSD est venue s’appuyer sur un support franc à 1,25$. Zone forte qui avait été propice au rebond en mars 2009 et mai 2010.

graphique quotidien EURUSD.

Un rebond depuis les niveaux actuels me semble probable pour plusieurs raisons :

  •     techniquement, les vendeurs devraient racheter leurs positions en fin de mois ;
  •     politiquement, le sommet doit réussir à envoyer un message où aucun des protagonistes ne perd la face ;
  •     la BCE pourrait encore jouer la montre avec une mise à disposition de liquidités.

Mon plan d’attaque pour les prochains jours
Après avoir enchaîné les gains avec FxProfitTrader (notre portefeuille eurodollar a progressé de +7,32% en mai) grâce au retour de la volatilité, les opportunités se multiplient pour ceux qui savent être patients, rigoureux et méthodiques : découvrez FxProfitTrader dès aujourd’hui…
Mon plan d’attaque est simple pour les prochains jours.

Je suis acheteur de l’euro tant que nous restons au-dessus de 1,2507 pour viser 1,2690 puis 1,29.
En cas de passage sous le seuil des 1,25, nous nous approcherons encore un peu plus du gouffre, et l’euro devrait rapidement aller sur 1,2130 puis 1,19$.

Bons trades à tous !

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